La Mongolie – culture et traditions

Nous avons vécu 20 jours dans les campagnes mongoles. Nous avons pu vivre réellement les traditions mongoles, notamment toutes les coutumes à respecter lorsque nous arrivons dans une famille et sommes invités dans la Yourte.

Notre guide nous a beaucoup parlé des traditions et modes de vie mongols. Ses parents sont des nomades, elle a donc vécu comme une grande partie de la population durant son enfance. Elle vit désormais à Oulan-Bator (UB – ou prononcez You Be). Tout ce que nous relatons ici vient d’elle, avec quelques vérifications sur Internet !

 

Le Peuple Mongol

La population mongole est constituée de 49 groupes ethniques. Le groupe ethnique majoritaire est celui des mongols khalkhas qui regroupe 86% de la population. Les deux autres groupes ethniques les plus importants sont les kazakhs à l’ouest et les bouriates au nord.

La population est de plus en plus urbanisée, près de la moitié vivant dans la capitale et les centres provinciaux. Environ la moitié de la population loge dans des yourtes. Un tiers des Mongols sont de purs nomades, qui vivent de l’élevage de petits chevaux, de moutons, de chèvres, de bovins (yacks, vaches) et de chameaux.. D’après notre guide, sa famille bougeait 4 fois dans l’année, une fois par saison. Ils « déménageaient » d’environ 60km à chaque fois – ils ne peuvent pas non plus aller trop loin puisqu’ils doivent déplacer à chaque fois tout leur bétail et vue la taille de leurs élevages, ce n’est pas une mince affaire. Ils vont, l’hiver, se réfugier à l’intérieur des montagnes afin de bénéficier de meilleures conditions climatique (moins de vent).

 

Les ressources de la Mongolie

Si l’image de la Mongolie est celle d’une terre d’éleveurs et d’agriculteurs, les ressources du pays résident en réalité davantage dans son sous-sol. Au sein d’immenses mines à ciel ouvert qui creusent le désert de Gobi, ce pays, grand comme trois fois la France, dispose non seulement d’assez de charbon pour alimenter l’énorme demande de la Chine dans les cinquante prochaines années, mais aussi de vastes trésors de cuivre, d’or, d’uranium et autres minéraux que le monde entier convoite. Au point d’attirer massivement les investisseurs étrangers, sous la pression de ses deux puissants voisins, Pékin et Moscou.

L’exploitation de ces colossales réserves devrait être à l’origine du grand « boom minier » attendu pour 2013, qui pourrait changer la face du pays. Déjà l’an dernier, l’investissement étranger a quadruplé à 4 milliards d’euros, faisant bondir la croissance à 17,3 % contre 6,4 % en 2010. Et la tendance devrait se poursuivre, avec des prévisions de 20 % de croissance pour l’an prochain et un PIB qui doublerait tous les deux ans.

Néanmoins, cette course à l’exploitation du sous-sol n’est pas sans poser de problèmes. Au-delà de la question de la pollution liée à l’intense extraction minière, cadet des soucis d’un pays qui cherche à se développer économiquement, le principal enjeu se révèle être la répartition des richesses produites. Car si la Mongolie est assise sur cette manne fantastique qui représente un tiers de son PIB, 30 % de sa population vit en-dessous du seuil de pauvreté. L’an dernier, l’investissement étranger n’a profité qu’à une faible minorité des 2,8 millions de Mongols tandis que des fortunes colossales s’édifiaient. La frustration et l’irritation se sont alors fait sentir au sein de la population. Et face à l’appétit croissant des entreprises étrangères, le gouvernement a dû adopter en urgence une loi qui limite à 49 % l’investissement étranger dans trois secteurs stratégiques, les mines, les banques et les télécommunications.

Autant dire que le pays risque de bien changer d’ici quelques années (il suffit de regarder l’évolution de l’inflation)…et pas forcément dans le bon sens pour le tourisme et la préservation de son écosystème.

 

La Religion

Environ 50 % des Mongols sont bouddhistes tibétains, 40 % athées, 6 % chamanistes ou chrétiens, et 4 % musulmans. Curieusement, notre guide avait en tête une répartition de 40%-50% de bouddhistes, 30-40% de chamanistes et le reste était varié, à prédominance musulmane. Il est vrai que le chamanisme et le bouddhisme sont entremêles historiquement puisque l’un a supplanté l’autre en y puisant des références.

 

Le Bouddhisme :

Au 16e siècle, le Bouddhisme est redevenu la religion d’état de la Mongolie pour la troisième fois. En 1587, Altan Khaan a été le premier à donner le titre de Dalai Lama, signifiant «océan de sagesse», à Sodnomjamts, le leader de la « secte jaune » du bouddhisme tibétain. Mais le bouddhisme n’a été réellement pratiqué qu’à partir du 19ème siècle. Avec le support des Manchus plus de 700 monastères ont été construits à travers le pays, accueillant plus de 30,000 lamas. Les Manchus encourageaient la diffusion du bouddhisme en Mongolie en partie dans le but d’anéantir la culture locale, comme un moyen de minimiser l’opposition politique potentielle à leur régime, en s’assurant qu’une grande proportion de la population mâle ait été engagée dans les monastères. Au début du 20ème siècle, on dénombrait 115,000 lamas en Mongolie, soit environ 20% de la population totale et plus d’un tiers de la population mâle du pays. Les jeunes garçons étaient typiquement inscrits dans les monastères dès l’âge de cinq ou six ans, où ils étaient élevés sous le tutorat de vieux lamas. Mais à la suite de la révolution populaire de 1921, le Bouddhisme a commencé à décliner, et dans les années 1930 et 1940, presque la totalité des monastères mongols ont été détruits par le gouvernement dans le but d’abolir la religion de l’état. Il reste désormais 3 grands monastères dans le pays.

 

Le Chamanisme

Le Chamane est celui qui représente un clan ou une tribu dans la communication avec les esprits des ancêtres et de la nature. Typiquement, le chamane est celui qui sait communiquer avec  » l’autre monde ». Pour se faire, il exécute une danse rythmique accompagnée des battements du tambour et, parfois aidé d’alcool ou d’herbe qu’il fume, il entre en transe. C’est en émergeant de cette transe que le chamane communique le message des esprits à la communauté. Le chamane est non seulement une figure religieuse, mais un guérisseur, un protecteur de l’art et des coutumes du clan. Il est l’intermédiaire avec l’univers symbolique. Nous avons eu la chance d’assister à une cérémonie Chamane puisque le cousin de notre guide est Chamane et nous sommes donc passés le voir. Il nous a donc fait une réelle cérémonie que nous relaterons dans le post correspondant.

L’Ovoo est un lieu sacré qui découle du Chamanisme. Ils représentent le lien avec le monde des esprits, les mongols combinant le chamanisme et le boudhisme. A chaque fois qu’on y passe, une pierre est ajoutée et on fait 3 fois le tour en pensant à un vœu dont on souhaite la réalisation. L’ovoo est une pyramide de pierres laissés par les pèlerins et sur lequel on trouve des étoffes bleues symbolisant l’esprit du ciel Tengri mais c’est aussi l’emblème national du pays. Les moines disent des prières, les no            mades donnent des offrandes comme : argent, vodka, béquille pour un remerciement de guérison, etc.

Ovoo

 

Les habitations et traditions Mongoles

     

La Yourte est l’habitation traditionnelle mongole (Yourte ou Ger). C’est l’habitation familiale au milieu de laquelle se trouve un poêle. On y trouve un ou plusieurs lits, sur lesquels on s’assoit durant la journée, et des meubles très rustiques (commodes, table basse). La seule réelle ouverture est la porte d’entrée qui, traditionnellement est orange et représente ainsi le lever du soleil. En plus de la porte, elle comprend une ouverture sur la partie supérieure qui se recouvre la nuit. Cette ouverture permet l’évacuation de la fumée du poêle mais également l’aération et l’éclairage.

Nous avons assisté et même participé au démontage d’une yourte qui se fait en quelques minutes (environ 30 minutes).

On vous laisse voir par les photos la constitution d’une yourte, mais en gros, les murs sont retroussables et dépliés, forment un cercle. On les joint par des bouts de corde. Ensuite, le toit est fixé aux deux poteaux de support et est élevé au centre de la yourte. Les branches sont alors emboîtées entre le cadre de toit et les murs. Plusieurs grands morceaux de feutre sont attachés ensemble à l’extérieur de la yourte pour l’isolation et, finalement, elle est couverte d’une coquille en coton blanche. Au final, c’est une habitation plutôt confortable, l’isolation n’est pas au top mais avec un bon poêle, cela est pas mal. C’est très cosy !

Il y a un code de conduite très précis lorsque nous sommes invités et entrons dans une Yourte. Tout d’abord, il faut rentrer avec le pied droit. Il ne faut surtout pas traverser la partie centrale entre les deux piliers. Les invités doivent se tenir à gauche de la Yourte. Les hôtes proposent alors selon les familles, de l’Airag (lait de jument fermenté), du thé, ou/et de la Vodka. Lorsqu’on nous offre quelque chose, il ne faut surtout pas refuser. Il faut alors prendre le présent de la main droite et tenir son coude droit de la main gauche. Lorsque le père de famille ouvre une bouteille de Vodka, il se sert d’abord une rasade et y trempe le doigt pour jeter, en offrande à la nature, quelques gouttes du breuvage aux quatre points cardinaux. Puis il propose à ses invités qui boivent chacun leur tour. Il faut donc toujours accepter quitte à laisser si on ne boit pas tout ou si on ne mange pas tout. Enfin, dernière règle que nous avons retenue, même si l’on n’aime pas ce qu’on nous propose, nous ne devons pas afficher une moue sur le visage ou une quelconque émotion. Il faut rester neutre.

Il ne faut pas jeter de détritus dans l’âtre afin de ne pas offenser les esprits.

Enfin, il faut contourner le poêle ou l’âtre dans le sens des aiguilles d’une montre. Ainsi, pour sortir de la Yourte, il faut faire le tour du poêle si nous nous tenons sur le côté gauche.

Nous avons fait quelques erreurs biensûr, mais nous essayions malgré tout de respecter au mieux ces codes de conduite. Néanmoins, beaucoup de ces coutumes se perdent et il nous est régulièrement arrivé de constater que les Mongols ne respectaient plus eux-mêmes systématiquement ces règles.

Démontage d’une Yourte:

 

 

…et voici 2 yourtes dans un camion

 

L’école en Mongolie

Cf. notre post L’école en Mongolie.